()                     GL Div                                                                 S.STOÏANOFF

 

  1. Gegenbild. L01 175: Freud nous donne à ce propos [agnosierung] une appréhension très profonde de son rapport avec le personnage fraternel, avec cet ami-ennemi, dont il nous dit que c’est un personnage absolument fondamental dans son existence et qu’il faut qu’il y en ait toujours un qui soit recouvert par cette sorte de Gegenbild. Mais en même temps, c’est par l’intermédiaire de ce personnage, incarné par son collègue du laboratoire /…/ c’est à pro­pos et par l’intermédiaire de ce collègue, de ses actes, de ses senti­ments, que Freud projette, fait vivre dans le rêve ce qui en est le dé­sir latent, à savoir les revendications de sa propre agression, de sa propre ambition.

 

  1. Gestalt   L03 197 Il n’y a pas à proprement parler, dirons-nous, de symbolisation du sexe de la femme comme tel . /…/ C’est la prévalence de la Gestalt  phallique qui, dans la réalisation du complexe oedipien, force la femme à emprunter un détour [Aufschub] par l’iden­tification au père, et donc de suivre pendant un temps les mêmes chemins que le gar­çon .

 

Gestalt 137 En un certain sens, cela correspond bien à ce que ce schéma nous présente d’une couche sensible généralisée. L’homme a en effet beau­coup plus d’informations sur la réalité qu’il n’en acquiert par la simple pulsation de son expérience. Mais il manque ce que j’appelle les voies préformées. L’homme part de rien du tout. Il faut qu’il apprenne que le bois brûle et qu’il ne faut pas se jeter dans le vide. Ce n’est pas vrai qu’il lui faille apprendre tout cela. Mais que sait-il de naissance? C’est ambigu. Il est probable qu’il l’apprend, mais par d’au­tres voies que l’animal. Il a déjà un certain repérage, une certaine connaissance – au sens de Claudel, co-naissance de la réalité qui n’est pas autre chose que ces Gestalten, les images préformées. L’admettre est non seulement une nécessité de la théorie freudienne, mais une exigence de la psychologie animale – il y a un appareil d’enregistrement neutre, qui constitue un reflet du inonde, que nous l’appelions, comme Freud, conscient, ou non.

Seulement, chez l’homme, ça se présente avec ce relief particulier que nous appelons conscience, dans la mesure où entre en jeu la fonction imaginaire du moi. p.640.leç.10.du.09.02.66

 

Gestalt Ceux qui sont un peu rompus à ce que j’ai apporté avec le stade du miroir doivent comprendre l’analogie avec ce que ça veut dire la notion d’une unité. Ceci est articulé dans Freud. Ceci confirme l’utilité d’une conception telle que celle que je vous enseigne par l’intermédiaire du stade du miroir, à savoir que c’est à un moment défini et déterminé que se constitue cette unité comparable au Moi que sera ce Urbild à partir duquel le Moi commence à constituer ses fonctions. À partir de ce moment le Moi humain est constitué par une certaine relation, qui est justement cette relation imaginaire, cette fonction imaginaire, dont j’espère vous pourrez voir développer dans les deux ou trois conférences qui vont suivre quelques précisions sur l’usage très précis à la fois limité et dis­tinct que nous devons en faire, et vous verrez qu’il est plural.

J’ai commencé par le schéma que je vous ai donné l’autre jour; à propos de l’image réelle, le bouquet, j’ai commencé à vous donner l’indication de ce que c’est que cette fonction imaginaire, du moins comme contenant de la pluralité du vécu, de l’individu.

Mais ça ne se limite pas là, vous verrez pourquoi : justement à cause de cette nécessité de distinguer les psychoses et les névroses. Il y a deux registres impli­qués à ce stade du miroir. Cela, je ne vous l’ai pas encore enseigné, et à la lumière de l’article de Freud, vous verrez pourquoi ceci est nécessaire. Et aussi comment -202- ceci est utilisable, et simplement utilisable. Il définit cette fonction imaginaire du Moi comme devant avoir eine neue psychische Gestalt, on peut aussi dire quelque chose qui va précisément dans le sens de ce que je vous explique, à savoir, dans la fonction de Gestalt, de formation, et de formation imaginaire. C’est cela qui est désigné par cette neue psychische Gestalt quelque chose de nouveau qui apparaît à un moment du développement, dans le développement du psychisme et qui est de donner forme au narcissisme, sinon par cette origine imaginaire de la fonction du Moi. Vous verrez au cours de ce texte même toutes les impasses auxquelles on arrive.

C’est donc sur ce plan que se pose le problème. Ce qui est important dans le début de ce texte, c’est ceci : la difficulté qu’il a à défendre l’originalité de la dynamique psychanalytique contre ce qu’on peut appeler, je ne dirai même pas la généralisation, mais la dissolution jungienne du problème.

je fais très justement remarquer que si ce schéma général de l’intérêt psy­chique en tant qu’il va, vient, sort, rentre, colore, qu’il réduit en somme selon une perspective de pensée très traditionnelle, et qui montre la différence de pensée analytique orthodoxe qui retrouve une pensée traditionnelle en noyant dans une sorte d’universelle illusion le magma qui est au fond de toutes élaborations jun­giennes de la constitution du monde, il ne s’agit de rien d’autre que d’une sorte d’éclairage alternatif, qui peut aller, venir, se projeter, se retirer de la réalité, au gré de la pulsation du psychique au sujet, ce qui est jolie métaphore. Mais la vérité dans la pratique n’éclaire rien, et, comme le souligne Freud, les différences qu’il peut y avoir entre cette sorte de retrait de l’intérêt du monde auquel peut arriver l’anachorète, et le résultat pourtant bien structuralement différent qui est celui que nous voyons non pas du tout dirigé, retiré, mais sublimé, mais parfaitement englué du schizophrène. Il est certain que si beaucoup de choses ont été appor­tées cliniquement par l’investigation) jungienne, intéressante par son pittoresque, son style, à savoir par exemple les rapprochements entre les productions de telle ou telle ascèse mentale ou religieuse, avec les productions des schizophrènes, il y a là peut-être quelque chose qui a l’avantage de donner couleur et vie à l’inté­rêt des chercheurs, mais qui assurément n’a rien élucidé dans l’ordre des méca­nismes. Et Freud ne manque pas de le souligner assez cruellement au passage. P.201.lec.10.du 17.03.54.

 

  1. grâce L09 14/03/62 p.274: Les démêlés du chrétien avec Vénus sont tout de même quelque chose qu’il est assez difficile de méconnaître, encore qu’on feigne de prendre la chose /…/ par dessus la jambe. En fait, si le fond du christianisme se trouve dans la révélation paulinienne, à savoir dans un certain pas essentiel dans les rapports au père, si le rapport de l’amour au père en est ce pas essentiel, s’il représente vraiment le franchissement de tout ce que la tradition sémite a inauguré de grand de ce fondamental rapport au père, de cette baraka originelle, à laquelle il est tout de même difficile de méconnaître que la pensée de Freud se rattache /…/ si la référence à l’Oedipe peut laisser la question ouverte, le fait qu’il ait terminé son discours sur Moïse, comme il l’a fait, ne laisse pas douteux que le fondement de la référence chrétienne est donc bien dans ce rapport de la grâce que Paul fait succéder à la Loi. La difficulté est ceci: c’est que le chrétien ne se tient pas, et pour cause, à la hauteur de cete révélation /…/ pratiquement le chrétien se trouve réduit à ceci qui n’est pas tellement normal, fondamental, de n’avoir plus réellement d’autre accès à la jouissance comme telle que de faire l’amour.

 

  1. GRAAL Lacan, Le Séminaire, Livre V, « Les formations de l’inconscient » p.117-118, séance du 11.12.1957 : Le vin de la parole est toujours là dans tout que je dis. /…/ Le peu de sens et le pas-de-sens sont tout le temps en train de s’entrecroiser, à la façon dont se croisent et se décroisent les mile navettes dont parle Freud dans la Traumdeutung. Mais aussi, ce vin de la parole, d’habitude il se répand dans le sable. Ce qui se produit entre moi et l’Autre est comme une communion spéciale entre le peu de sens et le pas-de-sens. Sans doute elle est plus spécifiquement humanisante qu’aucune autre, mais si elle est humanisante, c’est précisément que nous partons d’un niveau qui, des deux côtés, est très inhumain. Si à cette communion j’invite l’Autre, je vous dirais que j’ai d’autant plus besoin de son concours qu’il est lui-même le vase ou le Graal ; et c’est justement parce que le Graal est visé, que je pense dire que je m’adresse en lui à rien qui serait spécifié, à rien qui nous unisse en une communion, quelle qu’elle soit, qui tendrait à quelque accord de désir ou de jugement. C’est uniquement une forme constituée par ce dont il s’agit toujours  à propos du trait d’esprit, et qui dans Freud s’appelle inhibition

 

  1. Grenz-Vorstellung, dans sa lettre n° 39 à Fliess. Voici ce que Freud nous en dit :Le refoulement ne s’instaure pas par la formation d’une contre-représen­tation (Gegen-Vorstellung), ultra puissante, mais à l’aide d’une représen­tation-limite (Grenz-Vorstellung), qui vient seulement à la place du sou­venir refoulé dans le cours de la pensée. Je dois l’appeler représentation-limite parce qu’elle appartient d’une part au Je conscient, mais que d’au­tre part, elle constitue une partie non-déformée du souvenir traumatique. Elle n’est pas le résultat d’un compromis, qui se manifesterait par une transposition (Ersetzung) dans une catégorie topique quelconque, mais plutôt par le déplacement de l’attention sur les séries de représentations qui lui sont contemporaines (dans la synchronie) ; là où l’événement traumatique se faisait jour par une manifestation motrice, cette dernière était reprise à titre de représentation-limite en tant que premier symbole du refoulé.

 

  1. hallucinatoire L03 93 LACAN J., Le Séminaire, Livre III, p.93, séance du 11/1/56 : “quelque chose de tout-à-fait équivalent à un phénomène hallucinatoire de type déli­rant.

 

  1. homéostase L11 32 : Le principe de plaisir est principe d’homéostase. Le désir, lui, trouve son cerne, son rapport fixé, sa limite, et c’est dans le rapport de cette limite qu’il se soutient comme tel, franchissant le seuil imposé par le principe de plaisir.

 

  1. Idée de l’idée L12 215: [dans le Sophiste] il y a une leçon de PLATON sur le Bien, conçue comme l’idée de l’idée. C’est SIMPLICIUS, commentateur d’ARISTOTE (donc de troisième et quatrième génération), c’est SIMPLICIUS, qui nous en témoigne dans ce qui reste attesté qu’ARIS­TOXÈNE a légué aux générations le fait d’avoir assisté à cette leçon, et qu’ARISTOXÈNE en a tenu un relevé des notes /…/ Ce qu’a de surprenant pour ceux qui ont assisté à cette leçon, c’est précisément que PLATON n’y a parlé que du nombre, tout le monde s’attendait à ce qu’on discute sur ce qu’il en était du Bien /…/

 

  1. idéogramme L09 20/12/61 p.119: chaque fois qu’on peut faire intervenir cette étiquette d’idéogramme, c’est quelque chose qui se présente comme en effet très proche d’une image, mais qui devient idéogramme à mesure de ce qu’elle perd, de ce qu’elle efface de plus en plus ce caractère d’image. /…/ ce qui se crée c’est /…/ une batterie de quelque chose qu’on n’a pas le droit d’appeler abstrait /…/ c’est un figuratif effacé /…/ refoulé, voir rejeté  [Cet effacement nous l’attribuons à l’épissure R#I.].

 

  1. illusion E673 optique : En 1958 Lacan introduit dans son schéma un dynamisme qui permet de tester l’influence des petits écarts de sens qui modifient la signification de la phrase, dont l’illusion optique est censée précisément figurer les conditions de production.

 

  1. illusion L01 142 : D’ailleurs, pour que cette image soit nette et crédible   il est clair que l’œil du sujet doit être posé au bord du miroir concave d’où il aura accès à l’image réelle qui est le produit de l’illusion.

 

  1. imaginaire L21 18/12/74 p.53: L’amour est l’imaginaire spécifique de chacun.

 

  1. imaginaires LES DEUX   L09, p.13/06/62  510*

 

  1. imaginification L01 96-97: Ainsi, l’équation symbolique que nous redécouvrons entre ces objets surgit d’un mécanisme al­ternatif d’expulsion et d’introjection, de projection et d’adsorbtion, c’est-à-dire d’un jeu imaginaire. /…/ Chez Dick nous voyons bien qu’il y a ébauche d’imaginification /…/ du monde extérieur. Nous l’avons là prête à effleurer, mais elle n’est que préparée. /…/ Il n’y a chez Mélanie KLEIN ni théorie de l’imaginaire ni théorie de l’ego. .

 

  1. immixtion L3 218 Lacan, Le séminaire, Livre III, Les psychoses, 1956, p. 218 : Dès qu’il y a sujet et usage du signifiant, il y a usage de l’entre-je, c’est-à-dire du sujet interposé. Cette immixtion des sujets est l’un des élé­ments les plus manifestes du rêve de l’injection faite à Irma. Rappelez-vous les trois praticiens appelés à la queue leu leu par Freud, qui veut savoir ce qu’il y a dans la gorge d’Iram. Et ces trois personnages opè­rent, soutiennent des thèses, ne disent que des bêtises. Ce sont des entre-je, qui jouent là un rôle essentiel. [...] L’immixtion des sujets, n’est-ce précisément là ce qui nous apparaît dans le délire ? C’est là un trait si essentiel à toute relation intersubjec­tive qu’on peut dire qu’il n’y a pas de langue qui ne comporte de tour­nures grammaticales tout à fait spéciales pour l’indiquer. C’est au niveau de l’entre-je, c’est-à-dire du petit autre, du double du sujet, qui est à la fois son moi et son pas-moi, qu’apparaissent des paro­les qui sont une espèce de commentaire courant de l’existence. Nous voyons ce phénomène dans l’automatisme mental, mais il est ici bien plus accentué puisqu’il y a un usage en quelque sorte taquinant du si­gnifiant dans les phrases commencées, puis interrompues.

 

  1. impair E480 : Que le numéro deux se réjouisse d’être impair, où cela va-t-il le mener   [noumen] dans cette réunion,  que nous pouvons sans abus ordonner en une rangée unique par la seule condition d’y lier à la queue leu leu cha­cun à un autre qui le précède ? Il saute aux yeux qu’il faut que le numé­ro trois descende comme Dieu de la machine [deus ex machina; cf. Jupiter devant Philoctète] pour engendrer l’alternance qui accouchera de l’impair, avant que celui-ci ne puisse exercer ses séductions sur le numéro deux. [...] Dans la sé­rie ainsi constituée, on peut dire en effet qu’une place impaire est occu­pée par la moitié des numéros deux. [...] qui sont en droit de se prétendre impairs [...] Non pas, car il suffit que la moitié plus un des numéros deux puisse se dire être de rang impair pour que [...] tous les numéros deux [...] soient incontestablement pris dans l’impair dénombré. On voit ici la fonction de l’Un-en-Plus, mais aussi il faut qu’il soit Un-sans-Plus, car tout Un encore serait Un-de-trop, à faire retomber tous les numéro deux dans une présomption qui reste [...] comme sans remède.

 

  1. inceste L22 Jacques LACAN, Le Séminaire, Livre XXII, 15/4/1975, in Ornicar 5, p.54-55 : L’interdit de l’inceste consiste dans le trou du Symbolique pour qu’apparaisse /…/ le Nom-du-Père .

 

  1. incohérence GERMAIN Gabriel,Génèse de l’Odyssée, PUF, 1954, p.84 lorsqu’il écrit: “Une obscurité maintenue à tout prix, bien loin d’avoir été à l’origine un non-sens risque de représenter un élément initial essentiel”.

 

  1. incompatibilité du désir avec la parole E686.

 

  1. incorporation L09, 28/03/62, p.328: « si l’on parle d’incorporation c’est bien parce qu’il doit se produire quelque chose au niveau du corps ».

 

  1. incorporer L07 355: /…/ qu’est-ce que cela veut dire, que le surmoi se produit, selon FREUD, au moment du déclin de l’Oedipe? /…/ Qu’il naisse du déclin de l’Oedipe veut dire que le sujet en incorpore l’instance . /…/ Alors, si nous incorporons le père pour être si méchants avec nous-mêmes, c’est peut-être que nous avons, à ce père, beaucoup de reproches à lui faire . /…/ Telle est, je crois, la vraie structure de l’articulation du complexe d’Oedipe

 

  1. incube L07 75: La Vorstellung est essentiellement quelque chose de décomposé. C’est autour de quoi tourne depuis toujours la philosophie de l’Occident, depuis ARISTOTE, et la fantasia. La Vorstellung est prise dans FREUD dans son caractère radical /…/ celui d’un corps vide, d’un fan­tôme, d’un pâle incube de la relation au monde, d’une jouissance exténuée /…/ Et en l’isolant dans cette fonc­tion FREUD l’arrache à la tradition. /…/ structure dans laquelle l’inconscient s’organise /…/ dans  laquelle la sous-jacente des mécanismes inconscients se flocule, ce qui fait le grumeau de la représentation [Vorstellunsrepräsentanz].

 

  1. incube L10, 12/121962 : L’angoisse du cauchemar est éprouvée. Le corrélatif du cauchemar c’est l’incube, /…/ c’est /…/ cet être qui vous écrase sous sa jouissance /…/ comme celle de la jouissance de l’Autre . /…/ Pour nous introduire par ce biais majeur dans ce que nous livrera la thématique du cauchemar, la première chose qui apparaît dans le mythe /…/ c’est que cet être /…/ est aussi un être questionneur /../ qui se  manifeste, se déploie, dans cette dimension complète, développée, de la question  comme telle qui s’appelle l’énigme . Le sphinx, dont /…/ l’entrée en jeu précède tout le drame d’Oedipe, est une figure de cauchemar et une figure de questionneur en même temps.

 

  1. indicible L09 9 mai 1962 Livre IX, inédit, L’identification : “J’anticipe et profère que le phallus dans sa fonction radicale est seul signifiant [à se signifier lui-même] mais quoiqu’il puisse se signifier lui-même il est nonmable comme tel. /…/ Disons qu’il est le seul nom qui abolisse toutes les autres nominations et que c’est pour cela qu’il est indicible.

 

  1. indicible L10 6/3/63 6 : Celui qui a possédé l’objet du désir et de la loi, celui qui a joui de sa mère, Oedipe pour le nommer, fait ce pas de plus, il voit ce qu’il a fait . Vous savez ce qui alors arrive . /…/ comment dire ce qui est de l’ordre de l’indicible et ce dont je veux, pour vous, faire surgir l’image. Qu’il voie ce qu’il a fait a pour conséquence qu’il voit /…/ l’instant d’après ses propres yeux boursouflés de  leur humeur vitreuse, au sol un confus amas d’ordures,  /…/ puisque, pour les avoir arrachées de ses orbites, ses yeux, il a bien évidemment perdu la vue . Et pourtant il n’est pas sans les voir, les voir comme tels, comme objet-cause, enfin dévoilé, de la dernière, ultime, non plus coupable mais hors des limites, concupiscence, celle d’avoir voulu savoir . /…/ Est-ce cela  l’angoisse, disons qu’a l’homme de se mutiler? /…/ C’est qu’une impossible vue vous  menace de vos propres yeux par terre .

 

  1. inhibition Lacan, Le Séminaire, Livre V, « Les formations de l’inconscient » p.117-118, séance du 11.12.1957 : Le vin de la parole est toujours là dans tout que je dis. /…/ Le peu de sens et le pas-de-sens sont tout le temps en train de s’entrecroiser, à la façon dont se croisent et se décroisent les mile navettes dont parle Freud dans la Traumdeutung. Mais aussi, ce vin de la parole, d’habitude il se répand dans le sable. Ce qui se produit entre moi et l’Autre est comme une communion spéciale entre le peu de sens et le pas-de-sens. Sans doute elle est plus spécifiquement humanisante qu’aucune autre, mais si elle est humanisante, c’est précisément que nous partons d’un niveau qui, des deux côtés, est très inhumain. Si à cette communion j’invite l’Autre, je vous dirais que j’ai d’autant plus besoin de son concours qu’il est lui-même le vase ou le Graal ; et c’est justement parce que le Graal est visé, que je pense dire que je m’adresse en lui à rien qui serait spécifié, à rien qui nous unisse en une communion, quelle qu’elle soit, qui tendrait à quelque accord de désir ou de jugement. C’est uniquement une forme constituée par ce dont il s’agit toujours  à propos du trait d’esprit, et qui dans Freud s’appelle inhibition.

 

 

  1. insignes L05 19 mars 1958, p.12-15: Le Séminaire, Livre V, Les formations de l’inconscient : ce virage, cette mutation, qui fait que ce qui était amour est transformé en identification. /…/ c’est ce moment qu’il s’agit d’articuler, de donner une formule qui nous permette de concevoir ce que c’est cette identification en tant que liée à un moment de privation. /…/ Que se passe-t-il quand /…/ le sujet féminin a pris une certaine position d’identification au père? /…/ il suffit de l’écouter de la façon la plus ouverte dire « je tousse comme  lui », par exemple. /…/ Si une femme dit « je tousse comme  lui », /…/ ce ne sont  pas des signifiants qui sont eux mis en jeu dans une chaîne signifiante. Nous les appellerons les « insignes » du père. /…/ le sujet, en somme, /…/ se présente sous le masque où il se pose /…/ les insignes de la masculinité

 

  1. interjection L12 17/3/65, p.5: L’interjection, ce qui fait sa valeur /…/ c’est qu’elle vient toujours frapper au joint du sujet et de l’Autre.

 

  1. Interjection Signifiant limite Cri code E670 : “symphyse [énigmatique] du code au lieu de l’Autre”

 

  1. intersection L09 28/03/62, p.326: L’intersection symbolisée en logique par un Ç /…/ la partie commune entre les demandes /…/ il s’agira pour nous de savoir dans quelle mesure cette forme peut  nous permettre de symboliser comme tels les constituants du désir, pour autant que le désir pour le sujet est ce quelque chose qu’il a à constituer sur le chemin de la demande.

 

  1. IRMA Dans la lettre à Fliess 138, on lit -En ce qui concerne les grands problèmes, rien n’est encore décidé. Tout est flottant, vague, un enfer intellectuel, des cendres superposées, et dans le tréfonds ténébreux se distingue la silhouette de Lucifer­ Amor. C’est une image de vagues, d’oscillations, comme si le monde entier était animé par une inquiétante pulsation imaginaire, et en même temps une image de feu, [Brent-ano]où paraît la silhouette de Lucifer, qui semble incarner la dimension angoissante du vécu de Freud. Voilà ce qu’autour des années de sa quarantaine il a vécu, au moment décisif où était découverte la fonction de l’inconscient. L’expérience de la découverte fondamentale a été pour Freud une mise en question vécue des fondements mêmes du inonde. Nous n’avons pas besoin d’avoir plus d’indications sur son auto-analyse, pour autant qu’il y fait allusion plus qu’il ne la dévoile dans les lettres à Fliess. Il vit dans une atmosphère angoissante avec le sentiment de faire une découverte dangereuse. Le sens même du rêve de l’injection d’Irma se rapporte à la profondeur de cette expérience. Ce rêve s’y inclut, il en est une étape. Ce rêve que fait Freud est, en tant que rêve, intégré dans le progrès de sa découverte. C’est ainsi qu’il prend un double sens. Au second degré, ce rêve n’est pas seulement un objet que Freud déchiffre, c’est une parole de Freud. C’est ce qui lui donne sa valeur exemplaire – sinon, il serait peut-être moins démonstratif que d’autres rêves. La valeur que lui donne Freud, comme le rêve inauguralement déchiffré, resterait assez énigmatique si nous ne savions pas lire ce par quoi il a particulièrement répondu à la question qui se posait à lui, et bien au-delà en somme de ce que Freud lui-même est capable à ce moment-là de nous analyser dans son écrit.

Ce qu’il soupèse, le bilan qu’il dresse de la signification de ce rêve est 194

de beaucoup dépassé par la valeur historique qu’il lui reconnaît de fait en le présentant à cette place dans sa Traumdeutung. Cela est essentiel à la compréhension de ce rêve. Et c’est ce qui nous a permis -je voulais en avoir confirmation par votre réponse, et je ne sais pas quelle interpréta­tion donner à votre silence -une démonstration assez convaincante, je crois, pour que je n’aie pas à y revenir.

J’y reviendrai pourtant, mais sur un autre plan.

Je veux souligner, en effet, que je ne me suis pas limité à ne considérer que le rêve lui-même en reprenant l’interprétation que Freud en donne, mais que j’ai considéré l’ensemble formé par le rêve et son interprétation et ce, en tenant compte de la fonction particulière de l’interprétation du rêve dans ce qui est le dialogue de Freud avec nous. C’est là le point essentiel – nous ne pouvons pas séparer de l’inter­prétation le fait que Freud nous donne ce rêve comme le premier pas dans la clé du rêve. C’est à nous que Freud s’adresse en faisant cette interpré­tation. L’examen attentif de ce rêve peut éclairer cette question si épineuse de la régression, sur laquelle nous sommes restés lors de l’avant-dernier séminaire. P.698.14.16.03.55.

 

 

  1. itération E54 J. LACAN, Ecrits, 1966, p.54 : (cf. les six figures de l’itération de la présence (+) et de  l’absence (-continuité du processus discursif : R= ++ -; R’ =- – +)): S =+++ ; S’=- – -   ; I=+ – +   ; I’=- + -;

 

  1. jalousie L09, 20/06/62, p.530: La jalousie sexuelle exige que le sujet sache compter. Les lionnes de la petite troupe léonine que je vous peignais dans je ne sais quel zoo, n’étaient manifestement pas jalouses l’une de l’autre, parce qu’elles ne savaient pas compter. Nous touchons là du doigt quelque chose, c’est qu’il est assez probable que l’objet tel qu’il est constitué au niveau du désir, c’est-à-dire l’objet en fonction non pas de la privation, mais de la castration, seul cet objet peut être vraiment numérique. Je ne suis pas sûr que cela suffise pour affirmer qu’il est dénombrable, mais quand je dis qu’il est numérique, jeu veux dire qu’il porte le nombre avec lui comme une qualité.

 

  1. jeu E541 jeu de « pile ou face » .

 

  1. jonction L01 88: jonction du Symbolique et de l’Imagi­naire dans la constitution du Réel.

 

  1. jonction LO7 319: Sophocle c’est l’humanisme /…/ donnant l’idée d’une mesure proprement humaine entre l’enracinement dans les idéaux archaïques /…/ et l’inflexion vers le pa­thos /…/ que déjà ARISTOTE reprochait à EURIPIDE. /…/ L’homme est pour nous en train de se décomposer, comme par l’effet d’une analyse spectrale dont je vous donne ici un exemple en cheminant au joint entre l’ima­ginaire et le symbolique [I/R].

 

  1. kabbalistes E712 : (dieu retiré de la matière).

 

  1. kabbalistes L10 19.12 : « dernier des kabbalistes chrétiens »

 

.

  1. Le privilège d’un désir qui assiège le sujet, ne peut tomber en désuétude, qu’à ce que soit cent fois repris ce tournant du labyrinthe, où le feu d’une rencontre a imprimé son blason. Sans doute le sceau de cette rencontre n’est-il pas seulement une empreinte, mais un hiéroglyphe, et peut-il être d’un texte à d’autres transféré. Mais toutes les métaphores n’épuiseront pas son sens qui est de n’en pas avoir, d’être la marque de ce fer que la mort porte dans la chair, quand le verbe l’a désintriquée de l’amour.

 

  1. latouses L09 p.187.Laoriste [grec] correspond à notre plus-que-parfait, surtout dans les propositions relatives]  du même verbe je vais appeler ça des latouses.Le monde est de plus en plus peuplé de latouses /…/ Ça fait jeu de mots avec l’ousia; c’est entre les deux; c’est pas tout à fait l’être.[objets "a": objets faits pour causer. Pensez-les comme des latouses.]

 

  1. Le mot me manque L03 130 (St Amant).

 

  1. limites L01 167: Nous pouvons /…/ donner à l’image réelle, laquelle est en fonction de contenir, et du même coup d’exclure un certain nombre d’objets réels, la signification des limites du moi.

 

  1. local/global L09 16/05/62, p.445: on définit ces surfaces comme non orientables et pourtant ça n’en est pas moins orienté. Le désir, de n’être pas articulable, nous ne pouvons dire pour autant qu’il ne soit pas articulé.

 

  1. logos L03 275 [Voici] le fil rouge qui traverse toute l’analyse freudienne . De bout en bout, depuis la découverte du complexe d’Oedipe jusqu’à Moïse et le Monothéisme, en passant par le paradoxe extraordinaire au point de vue scientifique de Totem et Tabou, FREUD ne s’est posé, personnellement, qu’une seule question -comment ce système du signifiant sans lequel il n’y a nulle incarnation possible, ni de la vérité, ni de la justice, comment ce logos littéral peut-il avoir prise sur un animal qui n’en a que faire, et qui n’en a cure? Car cela n’intéresse à aucun degré ses besoins . C’est pourtant cela même qui fait la souffrance névrotique. L’homme est effectivement possédé par le discours de la loi, et c’est avec lui qu’il se châtie, au nom de cette dette symbolique qu’il ne cesse de payer toujours davantage dans sa névrose .

 

  1. Losung, L03 194 Lacan, Livre III, p.194 : Cette transgression du code LACAN la situe là où l’énonciation se trouve suspendue à un point de rupture, que de Losung, terme semble-t-il produit par SCHEBER, « qui n’est pas la solution » ([1]), nomme avec précision; ce terme est doublement exclu puisque disparu de la transcription du séminaire de LACAN mais reste reconstructible à partir des indications qu’il nous en donne,  pour venir situer une déliaison, un débrayage radical, où seule une condensation, une métaphore inédite serait susceptible d’assurer la

 


[1] Lacan, Livre III, p.194.