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Que l'argent s'inscrive sur un fond d'absence, de perte, de manque, que payer soit une modalité du paiement de cette perte est bien connu. A la suite de l’apport freudien il est classique de situer la question de l’argent en relation à la pulsion ou au rapport qu’entretiennent besoins et désir. C’est dans cette visée que l’on peut chercher des réponses au niveau des conduites que l’argent engage : gratification, frustration, amour, haine… Ou dans des références psychologiques : le Père, la Mère phallique, la Mère réceptrice, la Mère dévorante; la Mère rejetante, la loi… Ou encore en des formes anatomiques : les fèces, le pénis, le sein, etc. ou de rapporter les effets signifiants de l'argent aux temps d'une psychogénèse dits : oraux, anaux ou phalliques.
La demande et la jouissance attachées à l’argent ont aussi leurs corollaires dans l'intersubjectivité "sociale" : la production, le pouvoir, la sécurité, la provocation, la revendication etc.
Sans pour autant nous enfermer dans cette dualité, nous tenterons de questionner la place de l’argent dans notre monde contemporain et ses effets subjectifs par la logique du signifiant qui en autorise l’approche soit comme signe des échanges soit comme signifiant primordial, c'est-à-dire en sa double référence au Moi et au Sujet.
La logique du signifiant introduite par Lacan permettrait de considérer l’argent dans sa dimension structurale comme un signifiant maître qui on le sait marque les objets du signe de la castration et leur donne rang d’objet (a). Avec le signe du pouvoir et de la succession qui lui est attaché, l'argent évoque, dans la faille de toute jouissance, le leurre de l'encore (l'en corps un). Aujourd’hui, l’argent, n'est plus seulement un instrument d'échange. Il tend à devenir sa propre fin. Son autonomisation a été un processus historique continu, mais les nouvelles technologies de comptage et de circulation l'ont fait accéder à un degré d'autonomie et d'abstraction sans précédent. L'argent ne nous sert plus, c'est nous qui le servons. L'argent numérique démultiplie le nombre et la vitesse des transactions, parachève l'abstraction de l'économie, dope l'imagination des financiers et la virulence de la spéculation. Les marchés, comme on dit aujourd’hui, tiennent que tout s’achète puisque tout se vaut, n’importe quoi pouvant trouver son équivalent dans un autre n’importe quoi. C’est ici que l’argent peut être pris comme signe. Certes comme signe de l’échange, mais surtout comme garant du prix qui annihile toute différence, qui fait équivaloir toute chose. Du coup s’annihile, avec le rapport à l’objet (a) que figurent ces marchandises, la place du Sujet, pour peu qu’il ait tenté de s’identifier à elles. « L’argent signe » est en sa substance dénégation de la castration symbolique. C'est pourquoi la sécurité que l'argent prête à qui le détient ne va pas sans l'angoisse de sa perte. Celui qui détient l'argent et en use ne peut en son nom répondre de rien. Qu’en est-il aujourd’hui de la question de la dette dans l’économie contemporaine? N’illustre-t-elle pas avec une violente acuité ce que nous tenons depuis Freud : lorsque la dette est conçue comme faute elle exige un paiement sans fin avec la souffrance comme monnaie.
Les séances ont lieu le jeudi soir de 19h à 21h sauf indication contraire, Amphi 6 Pôle St-Jean d'Angely, 25 avenue des Diables bleus 06300 NICE. Jeudi 29 Septembre : Jeudi 6 Octobre : Jeudi 13 Octobre : Jeudi 20 Octobre : Jeudi 10 Novembre : Jeudi 24 Novembre : Jeudi 8 Décembre : Jeudi 5 Janvier : Jeudi 12 janvier : Vendredi 20 Janvier : Jeudi 2 Février : Jeudi 9 Février : Jeudi 15 Mars : Jeudi 22 Mars : Jeudi 29 Mars : Jeudi 5 Avril : Vendredi 20 Avril : Jeudi 10 Mai : Jeudi 24 Mai :
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