Publication des membres de l'AEFL

Elisabeth BLANC/Jean-Michel VIVES Stoïan STOIANOFF Elisabeth de FRANCESCHI France DELVILLE

 

L'opéra et le désir
Passe et impasse de la voix

Sous la direction d'Elisabeth BLANC
et de Jean-Michel VIVES


Depuis toujours, l'opéra fascine : peut-être parce qu'il tente, plus que tout autre création artistique de retrouver l'objet perdu : la Voix.
Trois opéras : Don Giovanni de Mozart, l'opéra des opéras, II mondo della luna de Haydn, à la frontière du baroque et du classique, Il matrimonio segreto de Cimarosa, trois opéras dirigés musicalement par Marie-Christine Forget et mis en scène par Jean-Michel Vivès, dans le cadre du Festival de Gattières, « le village le plus lyrique de France », ont mobilisé l'intérêt d'éminents spécialistes, psychanalystes et musicologues (Jean-Pierre Winter, Alain Didier-\Weill, Michel Poizat...) autour de questions essentielles telles que : le Désir, l'illusion ou l'inquiétante étrangeté.

La lecture des différentes interventions laisse apparaître qu'à travers ces trois thèmes centraux de la psychanalyse se pose la question plus générale, pour paraphraser Lacan, du chant et de la fonction de la parole et de la musique dans l'opéra.
M.Poizat : « La musique, c'est le langage moins le sens disait Levi Strauss, le discours de Don Juan, c'est le langage dans l'illusion du sens... Avec Don Giovanni, pour la première fois, une oeuvre d'opéra participe directement de la création d'un mythe... Dans cet opéra, l'effet de subversion de la parole se produit par la présentification de la Voix comme telle, notamment par le cri ».
Jean-Michel Vivès est metteur en scène, musicien, chanteur, mais également psychanalyste et il enseigne à la Faculté de Nice Sophia Antipolis. Élisabeth Blanc est psychanalyste, présidente du Festival d'art lyrique Opus-Gattières.
Éditions l'Harmattan - 250 pages • 21,5 € • février 2004

 


COLLOQUE DU FESTIVAL D'ART LYRIQUE OPUS-GATTIERES
LA MÉPRISE AMOUREUSE

AUTOUR DE L'OPÉRA
COSI FAN TUTTE
de W. A. Mozart

INTERVENANTS :
Jean-Michel VIVES Psychanalyste, Musicien, Metteur en scène, Maître de conférences à l'Université de Nice, Jean CHARMOILLE Psychanalyste, Cofondateur de l'association Insistance, Alain DIDIER-WEILL Psychanalyste, Dramaturge, Cofondateur de l'association « Insistance », Houchang GUILYARDI Psychiatre, Psychanalyste, Fondateur de l'association, « Psychanalyse et Médecine », Jean Pierre WINTER Psychanalyste, Écrivain, Fondateur du « Mouvement du Coût Freudien », Élisabeth BLANC Psychanalyste, ex Présidente d'Opus, Organisatrice du Colloque.
65 pages • 5 € + 1 € de frais de port • février 2006
A commander à Elisabeth BLANC 10 boulevard Tzarevitch 06000 Nice elisabeth.blanc@wanadoo.fr
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Ouvrages de Stoïan STOÏANOFF-NENOFF

Stoïan Stoïanoff-Nénoff est diplômé de psychologie et membre de diverses sociétés scientifiques. Depuis la dissolution de l'École Freudienne de Paris il a participé à la fondation des Cartels Constituants de l'Analyse Freudienne. Il est praticien de la psychanalyse.


Stoïan STOÏANOFF-NENOFF
Qu'en dira-t-on?
Une lecture du livre XII
du séminaire de Jacques Lacan


Pourquoi Jacques Lacan a-t-il salué le noeud borroméen comme une ultime trouvaille en matière de repérage dans la cure ? C'est qu'il répondait à ses attentes, et à trois critères:
- l'argument de l'a-cosmicité (pas de correspondance biunivoque entre microcosme et macrocosme)
- l'argument de l'a-céphalie, (aucun des ronds de la chaîne borroméenne ne saurait se dire premier)
- enfin, l'argument du jeu de mourre qui établit entre les ronds de l'Imaginaire, du Symbolique et du Réel une dominance circulaire. La chaîne borroméenne surgit ainsi comme paradigme de la solidarité entre concepts et comme fondement inconscient d'une éthique.

Éditions l'Harmattan 246 pages • 19,8 € • mars 1996

 


Stoïan STOÏANOFF-NENOFF

Transmission de la psychanalyse


Explorer les confins de la psychanalyse, c'est découvrir un inconscient structuré comme un rêve (Freud), comme un poème (Paul Claudel), comme un langage logique (Frege ou Nagarjuna), comme une stratégie contre l'angoisse (Lao-Tseu ou Bouddha). Paradoxalement, à l'universalité de cette structuration répond l'absolue singularité de la lettre qui se fait le support d'une illusion. Fragilisée par le discours de la science, sa prise en compte théorique et sa transmission requièrent un changement de position subjective, corrélative d'un nouveau rapport du sujet désirant au savoir, c'est-à-dire à la jouissance et donc au sexe. Quid d'une institution psychanalytique congruente avec cette transmission ?

A commander à l'AEFL, Thierry Bisson, 10 € + 1,50 € de frais de port bisson@unice.fr

 


Stoïan STOÏANOFF-NENOFF

Pour une clinique du réel
Lacan et ses didactic(h)iens


Et si le bonheur n'était qu'une question de choix identificatoire? Et si l'identification (subjective) à l'Autre n'était qu'un des moyens mis en oeuvre pour réparer les dommages produits par la survenue d'une bévue, d'une épissure au niveau du noeud fondamental du sujet. par exemple?
L'identification à l'Autre lui suppose quelque objet et indique sa dévoration répétitive. Inversement la fin de la cure c'est l'identification (objective) de l'Autre en tant qu'objet " a ".
D'où ceci: quel est le rapport du noeud de l'identification au mode préférentiel d'effacement de la différence, propre à un sujet donné? Privation, Frustration, Castration sont ici les nominations de l'entre-deux qu'examine cet ouvrage et où un sujet est susceptible de basculer lorsqu'il désespère de trouver sa place dans l'échange social.

Éditions l'Harmattan 206 pages • 20 € • 1998


Stoïan STOÏANOFF-NENOFF
BÔgues
première et deuxième partie

La cinquantaine d'articles ici réunis résume une traversée, celle de toute une époque, qui pour moi a été marquée par ma rencontre avec Jacques Lacan. Fondateur de l'École Freudienne de Paris, Lacan est l'inventeur d'un programme de recherche dans les sciences humaines, explorant les nouages entre elles des dimensions du Réel, du Symbolique et de l'Imaginaire.


Il en résulte un regard nouveau sur la clinique, mais surtout une éthique du désir, en tant que désir de l'Autre, de l'Autre marqué comme tel par une faille irréductible.
Les textes ici rassemblés témoignent de mon implication du côté de la psychanalyse en ex-tension, et d'une manière plus précise de la psychanalyse dans la cité. D'où deux aspects indissociables : à savoir le psychanalyste comme symptôme dans le champ de la sociologie ainsi que dans celui de la politique.

A commander à l'AEFL
Prix: 15 € chaque tome plus 1,50 € par tome pour les frais de port
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Ouvrages de Elisabeth De Franceschi

Interprétation des comptines
et 15 comptines japonaises


Dans ce livre gigogne, le point de départ a été les comptines japonaises traduites par Elsa Alocco Saint-Marc. En contrepoint, Marcel Alocco a conçu une séquence graphique d'après un dessin japonais du Xe siècle. Au dépaysement d'une culture lointaine s'a-joutait l'étonnement. A des milliers de kilomètres, l'histoire se répète. "Daruma san, jouons à nous faire rire" est notre "Je te tiens par la barbichette" et "Traversez, traversez ! Ici c'est quelle ruelle ?" ressemble à notre "Passez pom pom les macarons, les portes sont ouvertes".
Mais alors qu'est ce exactement qu'une comptine ? Si les rêves et les contes ont été longuement étudiés, l'analyse des comptines restait un champ pratique-ment vierge. Psychanalyste, de formation littéraire et musicienne, Elisabeth De Franceschi a magnifiquement expliqué comment par le rythme, le geste, la manipulation des sons et du sens, la comptine déverrouille les portes de la langue, du monde, de soi et des émotions. On comprend pourquoi les jeunes enfants adorent ces formulettes faussement naïves qui «s'appuient sur le plus archaïque pour dire l'énigme et exhorter à la découverte.»

Octobre 2005, 112 pages, 17 € à commander aux Éditions Demaistre, 27, rue Théodore de Banville, 06100 Nice

 

Amor artis :
pulsion de mort, sublimation et création


"Malheureusement, c'est sur la beauté que la psychanalyse a le moins à nous dire", jugeait Freud (Malaise dans la civilisation). Dans l'éblouissement de son apparition, la beauté a pour fonction de voiler le réel insupportable de la mort : le geste esthétique, le geste éthique ou mystique récusent l'autorité du fait.
L'ouvrage d'Élisabeth De Franceschi revient sur l'assertion de Freud, et se propose de réévaluer la théorie psychanalytique de la pulsion de mort, en approfondissant l'étude du lien entre la sublimation et la destructivité : les mythes, la littérature, la musique et les arts plastiques montrent que Thanatos est présent aux sources mêmes de la créativité. Lacan jugeait que la pulsion de mort est créationniste ; elle exerce son action chez le créateur et sur l'objet créé, en les métamorphosant. Mort et renaissance : dans l'alchimie de la création, le destin du sujet et celui de l'objet, leurs "passions" sont solidaires. Lors de tout acte créateur, l'artiste fait l'apprentissage de sa propre fin, tandis qu'un objet est détruit, avant qu'une relève ne s'opère, conduisant à l'avènement d'un nouvel objet, ou peut-être, au rien. Le rien, visée ultime de la création et du créateur dans le Chef-d'oeuvre inconnu de Balzac, pose la question du devenir du corps et de la jouissance ; l'abstraction, l'oeuvre comme manifestation d'une énergie pure, sont des formes de réponses.

Éditions l'Harmattan 384 pages • 29 € • Mars 2000

 

Les cartons de mon arrière-grand-père
Traduit de l'allemand
par Elisabeth de Franceschi

Cet envoûtant récit de formation a pour cadre les montagnes et la forêt de Bohême. Le texte en est consigné dans les « cartons que découvre le narrateur revenu dans la vieille maison de ses aïeuls. Ils racontent la double faute de l'arrière-grand-père Augustinus, figure mythique, qui trouve son rachat et reconquiert le bonheur grâce à l'ascèse patiente de l'écriture. L'amour perdu lui sera rendu au terme d'une lutte contre les démons de l'irrationnel qui habitent l'homme : hantises et angoisses, violence cachée qui brusquement surgit dans un incident, et aussi terreur devant les forces destructrices de la nature, « l'effroyable innocence des choses telle qu'elle se manifeste dans la description somptueuse que fait Stifter de l'hiver autrichien. Cette longue nouvelle tenait particulièrement à coeur à son auteur (« l'enfant de ma joie et de ma douleur disait-il), qui remit quatre fois l'ouvrage sur le métier. Nous avons choisi la deuxième version de l'oeuvre, la plus élaborée et la plus diverse.

Adalbert Stifter est né en Bohême en 1805, il vécut à Vienne et mourut en se tranchant la gorge en 1868. La transparence des récits de Stifter, leur fausse quiétude Biedermeier, expriment la vision d'une vie simple et idyllique qui se sait mortelle. Un des grands écrivains de langue allemande du XIX` siècle qui trouve en France un accueil de plus en plus enthousiaste.

Éditions Jacqueline Chambon, 3 place d'Assas, Nîmes 222 pages • 15 € • Mai 1989

 

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Ouvrages de France Delville

Dans « Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci », Sigmund Freud exprime sa dette à Dmitri Merejkovski, qui l’a inspiré et documenté, il lui rend hommage (selon Pontalis) dans des termes qui disent assez son admiration, et peut-être son envie, à l’égard de l’écrivain – et du peintre : le romancier « connaisseur d’âmes » a su exprimer sa conception « non pas en mots exsangues mais, à la manière du poète, en langage plastique ».
Langage plastique que l’on retrouve dans tous les arts, et, concernant la Peinture, chez Sergueï Pankejeff, « L’homme aux Loups », dont Freud avait espéré qu’elle lui apporterait la sublimation nécessaire au dépassement de ses terribles maux.
C’est dans cet esprit que j’ai à cœur d’explorer des œuvres de peintres et de poètes, non pour en rester à ce qui serait défini comme de la « critique d’art », mais, grâce à l’étude de la psychanalyse - une recherche assidue de ce côté - laisser de libres associations naviguer entre le Réel de l’œuvre, l’Imaginaire tendu entre celui de l’artiste et celui du regardeur, et le double Symbolique du vocabulaire artistique et de la loi de l’entame (on ne saura jamais vraiment ce qu’on voit, on ne pourra jamais le dire). Tentative de jeter des ponts de toutes parts, en étoile. Etoile de la « poésie », du « faire » au fer rouge.
France Delville, critique d’art, écrivain

SOSNO

Traversée en forme de fugue

C’est sur un étrange épisode de son parcours que ce livre interroge Sosno (Sacha Sosnovsky) dont la Tête Carrée (construite par l’architecte Yves Bayard) fait partie de la Bibliothèque Nucéra, proche du MAMAC de Nice. Episode jusque-là énigmatique puisqu’il s’agit d’une traversée de l’Atlantique en voilier, de l’été 1976 à l’automne 1979, qu’accomplit Sosno au moment où sa carrière parisienne (Art sociologique) était florissante. Pourquoi ce retrait, cette rupture, cette déchirure, cette embolie, ce trou ? En un mot ce qui fut, dans sa vie même, une Oblitération ? Une «Traversée » est la vie de Sosno, car l’adolescent qui montra ses premières œuvres à Henri Matisse au Régina fut ensuite reporter de guerre, cinéaste, scénariste, écrivain, et, comme journaliste, le premier (1961) à inscrire le terme d’Ecole de Nice dans sa Revue « Sud Communication ». C’était la première fois que Sosno racontait ce voyage, et les commentaires qui surgirent, sans tomber dans le piège d’une psychanalyse sauvage, allèrent fouiller de plus en plus profond dans le lien entre les différents exils qui furent son lot. Des dialogues libres entraînèrent beaucoup plus loin que prévu la parole des interlocuteurs. Levinas, Jabès, Spinoza, Maïakovski, Derrida, Rousseau, Tournier, et tant d’autres, furent convoqués selon la fantaisie du moment pour confirmer l’arbitraire du signifiant, et, du même coup, la pertinence de la sculpture de l’artiste, qui, définitivement, tranche dans le fantasme.

Melis Editions (2002). Pour passer commande, appeler ou mailer : melis.editions@wanadoo.fr tel/fax : 04 93 08 20 22 Prix : 23 euros

 

André Verdet ou La parole oraculaire

Le terme de « parole oraculaire » que les psychanalystes ont affecté à un Discours du Maître propre à interdire la parole du sujet, analysant ou pas, est réintroduit ici dans son sens originel, « pythique », « delphique», à propos d’André verdet, l’œuvre de celui-ci apparaissant comme la mise en acte presque idéale d’un accueil de l’Inconnu, d’un au-delà, dans une sorte de transe, et cela grâce à l’invention d’une langue qui est à la fois langage poétique et vocabulaire plastique.

« A un certain point critique du langage, l’étoile implose », écrivit André Verdet, ce qui signifie la surprise, pour le poète, de l’irruption d’un réel qu’il n’attendait pas toujours, mais recherchait activement, dans son intense curiosité du monde.

Melis Editions (2001) Pour passer commande, appeler ou mailer : melis.editions@wanadoo.fr tel/fax : 04 93 08 20 22 Prix : 18 euros

 

Nivèse ou La part féminine

de l’École de Nice

Nivès Oscari (aujourd’hui Nivèse), née en Istrie en 1944, partie vivre en Belgique avec sa famille après la guerre, le père ralliant le Borinage pour y être mineur, et venue à Nice en 1973, est la seule artiste femme de l’Ecole de Nice. En quoi les divers lieux traversés, inscrits dans la mémoire la plus ancienne, en quoi la transplantation, en quoi le charbon qui maquillait de khôl les yeux du père, en quoi la Méditerranée première, les magies « oubliées » de l’Europe centrale, les escales vénitiennes, et toutes les langues qui la nomment tour à tour O. Nivès, Nivès Oscari, Oscari Nivès, Oscar Nivès, Nivèse Uckar, pour dire et redire qu’elle s’appelle « neige », ont-ils permis la profusion, la fantaisie, le baroque de départ (ex-votos à la Putain, poupées serties en icônes, etc.), et la façon dont ils se sont pétris pour donner un vocabulaire personnel allant vers le construit, l’abstrait, mais où les sources restent à deviner en traces subtiles. Son originalité : une occupation très personnelle de l’espace, sorte de retour à des sources inconnues, telluriques.

Melis Editions (2001) Pour passer commande, appeler ou mailer : melis.editions@wanadoo.fr tel/fax : 04 93 08 20 22 Prix : 18 euros

La ligne illimitée de Fritz LEVEDAG

Né à Munster en 1899, la vie de Fritz Levedag fut perturbée par deux guerres, le nazisme, comme fut perturbée cette Ecole du Bauhaus où il fut l’assistant de Gropius, élève de Klee et Kandinsky, avant de créer son propre cours, poursuivre ses propres recherches, mais toujours sur le mode du Bauhaus : analyser formes, couleurs, rapports entre eux, et surtout cette « ligne libre ondulante » qui avait intéressé ses maîtres, mais à laquelle il ouvrit l’espace. Le décryptage de ce parcours est d’autant plus passionnant qu’il permet de repérer comment, tout au long de l’Histoire de l’Art, avant et après Levedag, à la fois cadre et construction interne permettent l’assise du décollement imaginaire et symbolique d’une ligne cherchant à rejoindre des zones non identifiées. La « ligne illimitée » fut-elle pour Fritz Levedag une consolation au sens de Shopenhauer, une évasion au sens de Levinas ? Elle l’aida peut-être à réaffirmer quotidiennement l’existence de possibles face au mortifère. Et aujourd’hui encore le fait de considérer l’être humain comme un infini est une forme essentielle de résistance. C’est, pour les psychanalystes, une position éthique : le fondement de ce qu’ils appellent l’écoute.

Feuer-Vogel Editions (1998) Distribué par Melis Editions
Pour passer commande, appeler ou mailer : melis.editions@wanadoo.fr tel/fax : 04 93 08 20 22 Prix : 18 euros

 


La Revue « Hors- Lieux » n°4

Quatrième livraison d’une Revue qui s’appela d’abord « Caute », devise de Baruch Spinoza inscrite sur sa pierre tombale (« Prends Garde »), ce numéro a pour sous-titre « Ultimi Barbarorum », phrase que le même Spinoza voulut placarder sur les murs de La Haye après le massacre de ses amis les frères De Witt, ce qu’un ami peintre l’empêcha de faire, pour lui éviter d’être massacré. Ce numéro, dont France Delville est le maître d’œuvre, réunit des textes de psychanalyse, sociologie, linguistique, philosophie, sur une analyse possible de la barbarie, contemporaine. En novembre 74, au CUM de Nice, Lacan avait demandé : « Qu‘est-ce qui fait l’émotion ? Croyez-vous que ce ne soit que les tripes qui remuent ? Elles remuent des mots. Il n’y a rien qui affecte, comme on dit davantage, celui que j’ai qualifié d’être parlant. » Il avait ajouté que Spinoza s’en était aperçu, bien avant que la psychanalyse existât. Ce jour-là, à Nice, il a fait de Spinoza un expert en désir, c’est-à-dire, ce qui, au-delà de l’angoisse, fait avancer vers la vie, l’amour, la justice, désespérément. Le conatus. Dépassement, permanent, obstiné, de la mort, qui guette à chaque instant.
Dans une deuxième partie, la revue parle d’Art, mais ailleurs et autrement, au-delà du post-colonial, histoires d’amour croisées, comme on croise un regard, inoubliablement, d’un être que l’on ne reverra jamais, sauf à l’avoir « croqué » ou photographié, photos du désert, et textes de Mahmoud Darwish, le grand poète palestinien, de Tahar ben Jelloun, de Fethi Benslama, Baudelaire, Paul Bowles, Jacques Hassoun et Abdelkébir Khatibi tissant « Le même livre » pour interroger la texture de leurs langues mêmes, Brahim Bachiri, plasticien entre Safi et Tourcoing, alchimiste qui radiographie la brutalité du monde, et Alberte Garibbo, « une forme noire du génie », et Serge Dorigny, ultime héros de Raymond Roussel avec ses machines célibataires, oiseaux qui ne volent pas etc. etc. L’enjeu était d’approcher si peu que ce soit la logique à l’œuvre dans cet aujourd’hui où le « jamais plus » semble avoir perdu son sens : ne savons-nous pas que le pire peut advenir d’une minute à l’autre, qu’il est déjà advenu, avec cette nouvelle vocation, pour les jeunes générations, qui est : « Vocation : Kamikaze ».

Editions Hors-Lieux, Strasbourg (2003)
Distribution : Melis Editions melis.editions@wanadoo.fr tel/fax : 04 93 08 20 22 Prix :15 euros

 

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