1) Projection de Lire « Soubresauts ». Georges Sammut, Daniel Cassini, Marc Roux

Ce film est un essai  autour du dernier texte de Samuel Becket, son moment de conclure en somme.

Lire « Soubresauts ». Les premiers vers du dernier poème de Gilbert Lely « La parole et le froid » s’accordent parfaitement avec le dernier texte publié de Samuel Beckett « Soubresauts » :
L’homme qui vient d’atteindre l’âge où il doit bientôt se quitter
Saisira toute occasion de rester seul à seul avec lui-même.
Cet âge où l’avenir n’est que d’une semaine, renouvelable par arbitraire reconduction.)

« Assis à sa table…il se vit se lever et partir…là où jamais avant… »
Traversé, ressassé de souvenirs, d’images, de sons, de cris, désireux et inquiet, celui qui s’y trouve erre dans le temps de son arrière-pays fantomal jusqu’à ne plus le pouvoir ou ne plus le vouloir.

Dans l’ouvrage qu’il a consacré à Beckett, Didier Anzieu affirme que « Soubresauts » est « l’inverse du jeu de la bobine. » « À ce jeu d’enfant s’oppose le jeu du vieillard qui s’entraîne à la séparation sans retour. Il n’est plus celui qui tient le fil. Il est la bobine que plus personne, bientôt, ne ramènera à soi. »

2) "Songe de ruine" : une vidéographie de Arthur Thévenart

Arthur Thévenart est photographe, il parcourt depuis quarante ans l’Anatolie Zanzibar l’Iran des safavides le Pakistan des Moghols l'Atlas marocain et le pays cathare, toujours à la recherche des traces d’un temps depuis longtemps dépassé, son regard nous plonge dans les lointaines réminiscences et l’inquiétante étrangeté des ruines de caravansérails et de palais effondrés, villes abandonnées livrées aux aléas des siècles. Décomposition des gloires et des légendes recouvertes du sables des déserts ou envahies par une végétation improbable. Il nous invite dans un parcours de songes rythmé par l’étonnante partition musicale de Luigi Nono : Hay que caminar, soñando « Il faut marcher en rêvant ! »